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Biographie de Tanguy Malmanche

Tanguy Malmanche est né le 7 septembre 1875 à Saint-Omer en Artois, "d'une mère née à Strasbourg d'un Beauceron et d'une Flamande [et] par conséquent parisienne" ; la famille de son père n'étant par ailleurs "fixée en bretagne que depuis 200 ans""1.

Dès l'âge de 12 ans, l'enfance de Tanguy Malmanche se partage entre Brest et le manoir familial du Rest, à Locmaria (paroisse de Plabennec). Il profite des séjours dans ce dernier pour visiter les églises tombées en déshérance, celles qui ont été créées pour "[son] usage exclusif"2. Il y fera des rencontres marquantes : "c'est dans les chapelles que j'ai connu mes meilleurs amies : je veux parler des têtes de morts"3. Ces chapelles contenaient des ossements humains provenant de la désaffection des cimetières environnants. Le jeune Malmanche leur attribue d'autorité une distinction, un rang, un métier, une vie, sans jamais être contredit, bien au contraire. Une de ces têtes de mort lui racontera même la véritable histoire de l'incendie de la cathédrale de Quimper, histoire qui sera scrupuleusement relatée dans La Tour de Plomb.

Une autre personne (vivante celle-là), au manoir du Rest, aura une influence décisive sur Tanguy Malmanche :
"Qu'elle fût occupée aux pires besognes domestiques, ou sur le point d'aller au lit, elle m'accueillait avec le même sourire, et se mettait, avec une égale bonne grâce, à la disposition de son tyran. Elle avait un répertoire inépuisable d'histoires et de discours. C'est par elle que j'ai connu les gens de sa race, leur philosophie candide et profonde. Par elle, j'ai touché du doigt le coeur des hommes et l'âme des jeunes filles. Marie Rous n'est plus : mais je vais encore souvent causer avec elle, et je n'ai plus le remords de l'avoir dérangée !"4

Cette enfance bretonne nourrira l'imaginaire et l'oeuvre de Malmanche bien longtemps après qu'il eût quitté son pays.

"Quand j'ai du quitter le manoir du Rest, j'ai emporté mes effets dans ma malle, et mon monde dans ma tête. Plus tard, j'ai voulu conserver celui-ci dans des feuilles de papier, pour le cas où je perdrais ma tête."5

Aux alentours de 1907, Malmanche monte une affaire de constructions mécaniques à Courbevoie (dans les Hauts-de-Seine). Exténué par le travail intensif fourni par la première guerre mondiale, il attrape la meurtrière grippe espagnole. C'est à cette époque, alors qu'il se croyait condamné, que Malmanche rédigera Gurvan, ar Marc'hek estranjour, qu'il imprimera lui-même sur une presse à bras6.

Malmanche meurt en 1953 à Courbevoie, sans que la grippe espagnole y soit pour quoi que ce soit.

(1) Tanguy Malmanche, La Vie de Salaün qu'ils nommèrent Le Fou (1926), Introduction, page II.

(2) Ibid., p V.

(3) Ibid., p VI.

(4) Ibid., p VIII.

(5) Ibid., p VIII.

(6) Les Païens - Gurvan, Le Chevalier Etranger (1945), introduction de l'éditeur, p 134-135.